Un portefeuille ETF se construit en trois choix : une répartition entre actions et obligations, quelques ETF peu chers, une enveloppe fiscale adaptée. Un à trois ETF suffisent pour une première allocation. Voici des exemples pédagogiques, avec des fonds réels, pour le PEA et pour le CTO.
- 1 à 3 ETF couvrent l’essentiel : un ETF monde, éventuellement un ETF émergents et un ETF obligataire.
- Concentration : les États-Unis pèsent 72,94 % du MSCI World au 30/09/2026.
- Frais : de 0,05 % à 0,50 % par an selon l’ETF pour le même indice monde.
- Rééquilibrage : une fois par an, ou quand un poids s’écarte de 5 points de sa cible.
- Exemples pédagogiques : ces allocations ne constituent pas un conseil personnalisé.
Comment construire un portefeuille ETF en trois étapes ?
Un portefeuille ETF se construit dans l’ordre : horizon et tolérance au risque, puis répartition des classes d’actifs, puis choix des fonds. Choisir l’ETF en dernier évite l’erreur la plus courante : empiler des fonds sans savoir pourquoi.
- Étape 1 – l’horizon : l’argent peut-il rester investi 8 à 10 ans au moins ? Sinon, la part en actions doit rester faible.
- Étape 2 – la répartition : la part d’actions fixe l’essentiel du risque. Plus elle est haute, plus les baisses sont fortes.
- Étape 3 – les fonds : un ETF par brique (monde, émergents, obligations), au coût le plus bas pour un indice donné. Notre guide pour choisir un ETF détaille les critères.
Il n’existe pas de portefeuille universel. L’allocation dépend de l’âge, des revenus, de l’épargne de précaution et de la capacité à supporter une baisse sans vendre.
Combien d’ETF faut-il dans un portefeuille ?
Un à trois ETF suffisent pour la plupart des allocations simples. Au-delà, on retrouve souvent les mêmes entreprises dans plusieurs fonds, et les frais de courtage augmentent sans gain de diversification.
- 1 ETF : un ETF monde donne accès à 1 249 entreprises de 23 pays développés (MSCI World, 30/09/2026).
- 2 ETF : un ETF monde plus un ETF marchés émergents, pour ajouter des pays absents de l’indice monde.
- 3 ETF : un ETF monde, un ETF émergents et un ETF obligataire, pour réduire la part d’actions.
Attention aux doublons. Un ETF monde contient déjà des actions américaines : y ajouter un ETF S&P 500 augmente le poids des États-Unis au lieu de diversifier.
Quels exemples de portefeuille ETF dans un PEA ?
Dans un PEA, les ETF éligibles doivent détenir au moins 75 % d’actions de l’Union européenne. Les fonds « PEA » y parviennent par réplication synthétique (un contrat d’échange) : voir notre article sur la réplication physique ou synthétique. Le PEA est plafonné à 150 000 € de versements. Notre dossier ETF et PEA détaille la liste des fonds éligibles.
| Exemple | ETF (nom actuel) | ISIN | Poids | Frais annuels |
|---|---|---|---|---|
| 1 ETF | Amundi PEA Monde (MSCI World) UCITS ETF Acc | FR001400U5Q4 | 100 % | 0,20 % |
| 2 ETF | Amundi PEA Monde (MSCI World) UCITS ETF Acc | FR001400U5Q4 | 80 % | 0,20 % |
| Amundi PEA Emergent (MSCI Emerging) ESG Transition UCITS ETF Acc | FR0013412020 | 20 % | 0,30 % | |
| 3 ETF | Amundi PEA Monde (MSCI World) UCITS ETF Acc | FR001400U5Q4 | 65 % | 0,20 % |
| Amundi PEA MSCI Europe UCITS ETF Acc | FR0013412038 | 20 % | 0,15 % | |
| Amundi PEA Emergent (MSCI Emerging) ESG Transition UCITS ETF Acc | FR0013412020 | 15 % | 0,30 % |
Le coût moyen pondéré ressort à environ 0,20 % pour l’exemple à 1 ETF, 0,22 % à 2 ETF et 0,21 % à 3 ETF. Sources : fiches mensuelles Amundi, données du 31/07/2026 (PEA Monde), du 29/05/2026 (PEA Emergent) et du 30/09/2026 (PEA Europe).
Ces exemples PEA ne contiennent pas d’obligations. Pour ajouter une part « sécurité », on peut la loger hors du PEA, par exemple dans un CTO, comme dans l’exemple suivant.
Quels exemples de portefeuille ETF dans un CTO ?
Le CTO n’impose ni plafond ni contrainte géographique. Il donne accès à des ETF monde moins chers et à des ETF obligataires. Les gains y sont imposés au PFU de 31,4 % en 2026, soit 12,8 % d’IR et 18,6 % de prélèvements sociaux, ou au barème sur option.
| Exemple | ETF (nom actuel) | ISIN | Poids | Frais annuels |
|---|---|---|---|---|
| 1 ETF | Amundi Core MSCI World UCITS ETF Acc | IE000BI8OT95 | 100 % | 0,12 % |
| 2 ETF | Amundi Core MSCI World UCITS ETF Acc | IE000BI8OT95 | 85 % | 0,12 % |
| Xtrackers MSCI Emerging Markets UCITS ETF 1C | IE00BTJRMP35 | 15 % | 0,18 % | |
| 3 ETF | Amundi Core MSCI World UCITS ETF Acc | IE000BI8OT95 | 60 % | 0,12 % |
| Xtrackers MSCI Emerging Markets UCITS ETF 1C | IE00BTJRMP35 | 10 % | 0,18 % | |
| iShares Core Global Aggregate Bond UCITS ETF EUR Hedged (Acc) | IE00BDBRDM35 | 30 % | 0,10 % |
Le coût moyen pondéré ressort à environ 0,12 % pour 1 ETF, 0,13 % pour 2 ETF et 0,12 % pour 3 ETF. Sources : justETF, frais consultés le 02/11/2026 (ETF monde, émergents et obligataire). À confirmer dans le document d’informations clés (DIC) avant tout achat.
Ces fonds sont capitalisants : les dividendes sont réinvestis dans le fonds. Pour comparer avec une version qui verse les dividendes, lisez ETF distribuant ou capitalisant.
Quel portefeuille ETF pour le long terme ou un profil dynamique ?
Plus l’horizon est long, plus la part d’actions peut être élevée. Le risque aussi : l’indice MSCI World a connu une baisse maximale de 57,46 % entre le 31/10/2007 et le 09/03/2009 (dividendes bruts réinvestis, en dollars, source MSCI). Un portefeuille 100 % actions peut donc perdre plus de la moitié de sa valeur avant de se redresser.
| Profil | Actions | Obligations | Horizon indicatif |
|---|---|---|---|
| Dynamique | 90 à 100 % | 0 à 10 % | plus de 10 ans |
| Équilibré | 50 à 70 % | 30 à 50 % | 5 à 10 ans |
| Prudent | 20 à 30 % | 70 à 80 % | moins de 5 ans |
Répartitions données à titre d’illustration : elles ne tiennent pas compte de votre situation, et tout investissement en actions expose à un risque de perte en capital.
Un portefeuille ETF « agressif » reste un portefeuille d’ETF diversifiés, concentré sur les actions. Il ne s’agit pas d’empiler des ETF thématiques, d’ETF à effet de levier ou d’ETF inverses : ces produits spéculatifs n’ont pas leur place dans une allocation de long terme. Voir les risques des ETF.
Quels sont les risques de concentration d’un ETF monde ?
Un ETF monde est très concentré sur les États-Unis et sur quelques géants technologiques. Au 30/09/2026, les États-Unis pèsent 72,94 % du MSCI World, loin devant le Japon (5,91 %), le Royaume-Uni (3,41 %), le Canada (3,29 %) et la France (2,24 %). L’indice compte pourtant 1 249 entreprises.
Les dix premières lignes pèsent 27,85 % de l’indice : Nvidia (5,81 %), Apple (5,41 %), Microsoft (4,00 %), Amazon (2,67 %), Alphabet (actions A et C, 3,99 % cumulés), Meta (1,76 %), Broadcom (1,76 %), Micron (1,33 %) et Tesla (1,12 %). Source : MSCI, fiche indicielle au 30/09/2026.
- Risque de marché : une correction des valeurs technologiques américaines pèse fortement sur tout l’ETF monde.
- Risque de change : le dollar américain domine l’exposition. Une baisse du dollar face à l’euro réduit la performance mesurée en euros.
- Risque de concentration : peu d’entreprises expliquent une grande part des mouvements de l’indice.
Pour atténuer ce risque, on peut ajouter un ETF Europe ou marchés émergents, comme dans les exemples ci-dessus. Les émergents sont eux-mêmes concentrés : au 30/09/2026, Taïwan pèse 28,94 % du MSCI Emerging Markets, la Corée du Sud 21,40 %, la Chine 19,80 % et l’Inde 10,65 %. Les dix premières valeurs y représentent 39,03 % de l’indice. Source : MSCI, fiche indicielle au 30/09/2026.
Quand et comment rééquilibrer un portefeuille d’ETF ?
Rééquilibrer consiste à ramener chaque ETF à son poids cible. On le fait en général une fois par an, ou quand un poids s’écarte de 5 points de sa cible. Cette règle est une convention, pas une obligation.
Exemple chiffré : un portefeuille de 10 000 € réparti à 70 % en actions et 30 % en obligations. Si les actions gagnent 20 % et les obligations restent stables, il vaut 11 400 € : 8 400 € en actions (73,7 %) et 3 000 € en obligations (26,3 %). Pour revenir à 70/30, on vend 420 € d’actions et on achète 420 € d’obligations.
- Par les apports : on dirige les nouveaux versements vers la ligne en retard. C’est le plus simple, sans vente ni impôt.
- Par les arbitrages : on vend ce qui a monté. Dans un PEA, aucun impôt n’est dû sur l’arbitrage tant qu’on ne retire pas d’argent. Dans un CTO, la vente d’un ETF en gain déclenche l’impôt sur la plus-value.
- Par les frais : chaque ordre peut coûter des frais de courtage. Comparez-les avec notre comparateur de courtiers.
Quels frais et quelle fiscalité pour un portefeuille ETF ?
Les frais annuels d’un ETF monde vont de 0,05 % à 0,50 % selon le fonds (justETF, 40 ETF MSCI World, 01/11/2026). L’écart paraît faible mais se cumule. Hypothèse d’illustration : 10 000 € placés 20 ans, sans versement, avec un rendement net égal à 5 % moins les frais annuels du fonds. Le capital atteint environ 25 933 € avec 0,12 % de frais et 24 117 € avec 0,50 %, soit 1 816 € d’écart. Notre article sur les frais de gestion des ETF détaille le calcul.
- PEA : après 5 ans, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux (18,6 % en 2026) restent dus au retrait. Un retrait avant 5 ans entraîne en principe la clôture du plan. Source : impots.gouv.fr, « L’assurance-vie et le PEA ».
- CTO : PFU de 31,4 % en 2026 sur les gains et les dividendes, ou option pour le barème. Source : LFSS 2026, impots.gouv.fr.
Pour estimer l’effet des frais et des versements réguliers sur votre épargne, essayez notre simulateur.
Quelles erreurs éviter quand on construit un portefeuille ETF ?
- Empiler les ETF : dix fonds qui détiennent les mêmes actions ne diversifient pas.
- Chasser la performance passée : le classement d’hier n’indique pas celui de demain, surtout pour un ETF thématique.
- Ignorer les frais cachés : écart de suivi, frais de courtage, écart entre prix d’achat et de vente.
- Vendre en pleine baisse : l’allocation doit correspondre à ce que vous supportez réellement.
Pour aller plus loin, comparez la gestion passive et la gestion active et découvrez les différents types d’ETF.
Questions fréquentes sur le portefeuille ETF
Un seul ETF monde suffit-il ?
Oui, pour une allocation très simple. Un ETF MSCI World couvre 1 249 entreprises de 23 pays développés, mais il laisse de côté les pays émergents et pèse 72,94 % aux États-Unis (30/09/2026). Il ne contient pas d’obligations.
Combien d’ETF dans un PEA ?
Un à trois ETF suffisent le plus souvent : un ETF monde, éventuellement un ETF Europe ou émergents. Un seul PEA est autorisé par personne, avec un plafond de 150 000 € de versements.
Quel pourcentage d’obligations dans un portefeuille ETF ?
Cela dépend de l’horizon et de la tolérance au risque. À titre d’illustration, un profil dynamique en détient 0 à 10 %, un profil équilibré 30 à 50 %, un profil prudent 70 à 80 %.
Faut-il choisir un ETF capitalisant ou distribuant ?
Un ETF capitalisant réinvestit les dividendes dans le fonds. Un ETF distribuant les verse. Dans un CTO, les dividendes versés sont imposés chaque année au PFU. Dans un PEA, ils restent dans l’enveloppe.
À quelle fréquence rééquilibrer ?
Une fois par an, ou quand un poids s’écarte d’environ 5 points de sa cible. Les nouveaux versements permettent souvent de rééquilibrer sans vendre.
Données et sources, relevées entre le 30/09/2026 et le 02/11/2026 : MSCI (fiches indicielles World et Emerging Markets au 30/09/2026), Amundi ETF (fiches mensuelles), justETF (01/11/2026), impots.gouv.fr. Contenu pédagogique : il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Mise à jour le 02/11/2026.